Les attaques coordonnées des 25 et 26 avril dernier, menées conjointement par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et le Front de libération de l'Azawad (FLA), révèlent les failles d'une alliance régionale encore fragile. Alors que le Mali subit une offensive combinée de groupes jihadistes et de mouvements séparatistes touaregs, la réaction minimaliste du général Assimi Goïta et de ses partenaires de l'Alliance des États du Sahel (AES) interroge la solidarité affichée entre Bamako, Niamey et Ouagadougou. Cette passivité apparente contraste avec les ambitions sécuritaires de la junte malienne et pose des questions cruciales sur l'effectivité opérationnelle du bloc régional.
Un silence éloquent du pouvoir malien
Le général Assimi Goïta, qui a pris le contrôle du Mali par la force en août 2020, n'a pas commenté publiquement ces attaques. Cette absence de déclaration du chef de la junte est particulièrement remarquable dans un contexte où les opérations militaires contre les groupes armés constituent le cœur de la légitimité du régime. Depuis son arrivée au pouvoir, Goïta a justifié ses coups d'État successifs par la nécessité de restaurer l'ordre sécuritaire et de reprendre l'initiative face aux insurgés. Le mutisme observé suggère soit une incapacité à réagir rapidement, soit une stratégie délibérée d'attente avant une riposte de plus grande envergure. Cette ambiguïté crée un vide communicationnel qui affaiblit la perception de la capacité décisionnelle de la junte.




