Le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun poursuit son exploration des marges sociales et des territoires oubliés à travers son dernier film, « Soumsoum, la nuit des astres ». Porté par des paysages grandioses du plateau de l'Ennedi, ce long-métrage capture le destin d'une jeune fille rejetée par sa communauté, transformant son ostracisme en quête initiatique. Entre conte philosophique et fresque cinématographique, Haroun déploie une fable libératrice qui interroge les structures sociales rigides et l'émancipation individuelle dans le nord-est du Tchad.
L'Ennedi comme personnage central du récit
Le plateau de l'Ennedi n'est pas qu'un simple décor dans « Soumsoum, la nuit des astres ». Avec ses montagnes escarpées, ses canyons vertigineux et ses formations géologiques spectaculaires, ce territoire devient un acteur narratif à part entière. Mahamat-Saleh Haroun utilise cette géographie sauvage pour matérialiser l'isolement de son héroïne, mais aussi comme métaphore des obstacles à franchir. Le cinéaste transforme ainsi le paysage en miroir des tourments intérieurs, une technique caractéristique de son cinéma qui privilégie l'immersion sensorielle et la poésie visuelle.




