La République démocratique du Congo traverse une période de turbulences institutionnelles. Alors que le premier vice-président de l'Assemblée nationale appelle publiquement à une révision constitutionnelle avant l'élection présidentielle de décembre 2028, l'opposition dénonce un détournement des règles démocratiques. Olivier Kamitatu, ancien ministre et co-architecte de la Constitution de 2006, qualifie ces manœuvres de « braquage constitutionnel ». Cette escalade rhétorique révèle les fissures profondes au sein des institutions congolaises et pose la question de la stabilité juridique du pays.
Le timing politique d'une révision constitutionnelle contestée
Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu a déclaré sur RFI son intention de modifier la Constitution avant le scrutin présidentiel de 2028. Cette annonce intervient dans un contexte hautement sensible : l'élection de 2023 reste contestée, avec Moïse Katumbi, figure majeure de l'opposition, arrivé officiellement deuxième. Le choix du moment n'est pas anodin. En proposant une révision constitutionnelle à moins de quatre ans du prochain scrutin, le pouvoir en place soulève des soupçons quant à ses véritables intentions. Pour l'opposition, il s'agit moins de corriger des dysfonctionnements institutionnels que de redessiner les règles du jeu politique à son avantage.




