Le Mali traverse une période de chaos institutionnel sans précédent depuis le coup d'État de 2020. Les attaques coordonnées lancées samedi contre la ville-garnison de Kati, bastion militaire aux portes de Bamako, et contre Kidal au nord du pays, marquent un tournant critique. La mort du général Sadio Camara, numéro 2 de la junte au pouvoir, révèle l'ampleur de la crise sécuritaire et pose des questions existentielles sur la légitimité et la capacité du régime à gouverner le territoire national. Selon Étienne Fakaba Sissoko, porte-parole de la Coalition des forces pour la République de l'imam Mahmoud Dicko, « la junte est déboussolée »—un diagnostic qui résume l'effondrement progressif de l'autorité militaire à Bamako.
Kati et Kidal : les deux fronts d'une débâcle annoncée
Les attaques simultanées contre ces deux villes stratégiques ne sont pas anodines. Kati représente le cœur du dispositif militaire malien, le siège de la garnison principale protégeant la capitale. Son attaque par des groupes jihadistes et des séparatistes touaregs démontre une coordination opérationnelle redoutable et l'incapacité croissante de l'armée à défendre ses propres installations. Kidal, historiquement contrôlée par des mouvements touaregs depuis l'accord de 2015, symbolise l'effondrement du processus de paix dans le nord. Ces deux foyers de tension révèlent que la junte ne maîtrise plus les dynamiques sécuritaires sur son propre territoire, confrontée à des adversaires décentralisés et imprévisibles.




