La situation au Mali incarnait autrefois le symbole de l'engagement militaire français en Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui, cette présence se désagrège face à un contexte géopolitique radicalement transformé. Les autorités de transition au pouvoir, dominées par les militaires et désormais alliées à la Russie, multiplient les déclarations antifrançaises tandis que l'État malien perd progressivement le contrôle de vastes territoires aux mains des groupes djihadistes et des mouvements d'autodétermination touareg. Paris se trouve ainsi confrontée à un dilemme : maintenir une présence devenue contreproductive ou accepter son retrait stratégique d'une région où son influence s'érode inexorablement.
L'alliance russo-malienne, nouvelle donne géopolitique
Depuis le coup d'État de 2021, la junte malienne s'est progressivement rapprochée de Moscou, transformant le positionnement géopolitique du pays. Cette réorientation s'accompagne d'un discours virulent contre la France, perçue comme l'héritière d'une domination coloniale. Le déploiement de mercenaires russes du groupe Wagner (avant sa restructuration) a renforcé cette dynamique, offrant aux militaires au pouvoir une alternative crédible à l'appui français. Cette rupture géopolitique dépasse la simple rhétorique : elle signifie que Paris a perdu son statut de partenaire privilégié dans une zone où il avait investi militairement et diplomatiquement pendant des décennies.




