Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l'Ouest, traverse une période critique pour ses minorités sexuelles. À l'approche du vote du 11 mars sur un projet de loi renforçant les sanctions contre les relations entre personnes du même sexe, la communauté homosexuelle vit dans l'appréhension. Ce durcissement législatif s'inscrit dans un contexte de mobilisations homophobes récurrentes et d'une insécurité croissante, menaçant directement les programmes de prévention du VIH/sida qui dépendent largement de la confiance et de l'accès aux services de santé pour les populations clés.
Un arsenal juridique restrictif qui s'aggrave
Le Sénégal dispose déjà d'un cadre légal pénalisant l'homosexualité, avec des articles du Code pénal prévoyant des sanctions pour les « actes contre nature ». Le projet de loi examiné par l'Assemblée nationale en mars franchit une étape supplémentaire en renforçant les peines encourues. Cette escalade législative reflète une instrumentalisation politique de l'enjeu moral, particulièrement visible lors des périodes électorales ou de tensions socio-économiques. Les dispositions proposées visent notamment à augmenter les durées d'emprisonnement et les amendes, créant un environnement juridique plus hostile encore pour les personnes LGBTQ+.




