Le Maroc fait face à une nouvelle vague de censure musicale. Souhaib Qabli, 20 ans, rejoint la liste croissante des artistes de hip-hop incarcérés pour le contenu de leurs compositions. Actuellement détenu à Taza, près de Fès, le jeune chanteur est poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle » et « diffusion de fausses nouvelles ». Son arrestation marque le troisième cas similaire depuis l'automne 2025, révélant une stratégie judiciaire ciblant systématiquement la jeunesse créative marocaine.
La répression musicale s'intensifie contre les voix dissidentes
Le hip-hop marocain, historiquement vecteur d'expression sociale et politique, devient progressivement un terrain de confrontation entre l'État et une génération Z en quête de liberté d'expression. Les trois arrestations en quelques mois ne relèvent pas du hasard : elles s'inscrivent dans une logique de contrôle des discours critiques véhiculés par les plateformes musicales. Les accusations portées contre ces artistes — « outrage à une institution constitutionnelle » et « diffusion de fausses nouvelles » — constituent des outils juridiques vagues et extensibles, permettant aux autorités de criminaliser des contenus musicaux sans définition précise de l'infraction.

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