L'Union africaine confie au Togo une mission historique : défendre devant l'Assemblée générale des Nations unies une résolution visant à corriger la représentation cartographique du continent africain. Depuis des siècles, la projection Mercator domine les murs des salles de classe et les atlas mondiaux, réduisant systématiquement l'Afrique à des proportions qui ne reflètent pas sa véritable superficie. Cette distorsion visuelle n'est pas anodine : elle perpétue une hiérarchie géopolitique héritée de l'époque coloniale et influence inconsciemment la perception globale du poids économique et stratégique du continent noir.
La projection Mercator : un héritage colonial qui fausse la réalité
Créée au XVIe siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator, cette projection a révolutionné la navigation maritime en préservant les angles et les directions. Cependant, elle sacrifie l'équivalence des surfaces, grossissant démesurément les régions situées aux hautes latitudes au détriment des zones équatoriales et tropicales. En pratique, l'Afrique y apparaît réduite à des proportions quasi dix fois moindres que sa surface réelle, tandis que l'Europe et l'Amérique du Nord sont disproportionnément agrandies. Cette déformation géométrique a longtemps été acceptée comme une norme cartographique universelle, renforçant inconsciemment une vision occidentalocentrée du monde.




