La Centrafrique franchit une étape majeure dans son processus de justice transitionnelle. La Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé, le 21 avril, l'ouverture en juin prochain de son sixième procès, dirigé contre l'ancien président François Bozizé et trois de ses anciens hauts responsables militaires. Ce procès, surnommé « de Bossembélé », intervient dans un contexte régional tendu et représente un test crucial pour l'indépendance judiciaire centrafricaine face aux pressions politiques internes et externes.
Un procès symbolique pour les crimes de la garde présidentielle
L'ancien chef d'État et ses coaccusés sont poursuivis pour crimes contre l'humanité commis entre 2009 et 2013 dans la ville de Bossembélé, au nord du pays. Les accusations portent spécifiquement sur les exactions perpétrées par la garde présidentielle, unité militaire directement sous son contrôle. Ces crimes présumés s'inscrivent dans une période de profonde instabilité politique en Centrafrique, marquée par des violences communautaires et des violations massives des droits humains. Le choix de Bossembélé comme foyer du procès reflète la volonté de la CPS de documenter systématiquement les atrocités commises sur l'ensemble du territoire national.

Évasion Paris
13 juin 2026

